Bruxelles,
capitale de la Belgique et siège des institutions européennes, a tout
intérêt au maintien de la Belgique. Rien ne garantit que Bruxelles
conserve son rôle international si la Belgique éclatait.
Les retombées de la présence de nombreuses institutions
internationales à Bruxelles ne bénéficient pas uniquement à la région
bruxelloise mais aussi à la Flandre et à la Wallonie. Bruxelles est un
atout pour toute la Belgique et pour tous les Belges.
Bruxelles
est une Belgique en miniature. Nos deux grandes communautés nationales
s’y côtoient. En tant que francophone cela ne me choque pas que la
minorité flamande dispose d’une représentation parlementaire
garantie au Parlement bruxellois.
Les
revendications institutionnelles pour Bruxelles ne doivent pas concerner
la remise en cause des droits de la minorité flamande.
Les
enjeux essentiels pour Bruxelles sont les limites et le refinancement de
la Région et les moyens d’agir contre un taux de chômage très élevé.
Bruxelles
est aujourd’hui artificiellement limitée à 19 communes. Les limites
socio-économiques de Bruxelles sont bien plus larges. Une récente étude
de géographes de la KUL vient encore de le démontrer. Elle considère
que la Région urbaine de Bruxelles englobe 62 communes.
Les
limites socio-économiques et politiques de la Région ne correspondront
jamais. Pourtant il est indispensable qu’un ensemble de compétences
(certains travaux d’infrastructures, les transports, les déchets, les
pompiers, …) soient gérées à un niveau plus large que les 19
communes. Une manière de rencontrer cet objectif et de créer une
communauté urbaine qui pourrait fonctionner sur le modèle d’une société
intercommunale à laquelle seraient affiliées les différentes
communes, les trois Régions et les autorités provinciales du
Brabant-wallon et du Brabant-flamand.
Les
limites politiques de la Région doivent pour leur part correspondre à
la volonté des populations. Ce qui signifie l’élargissement de
Bruxelles aux 6 communes à facilités. La création de ces communes en
1962 fut un mauvais compromis. En ne respectant pas le statut
linguistique de ces 6 communes, la Flandre ne laisse pas d’autres
choix.
L’élargissement
de Bruxelles de 19 à 25 communes permettrait alors d’envisager la
scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvorde.
Depuis
la régionalisation du Fonds des communes en 1974 (réalisée à l’époque
pour refinancer les communes wallonnes), Bruxelles souffre d’un
sous-financement. Ses charges de Capitale nationale et internationale
sont insuffisamment compensées par l’Etat fédéral. Plusieurs études
universitaires ont évalué ce sous-financement à environ 350 millions
d’euros.
De
nombreux wallons, de nombreux flamands bénéficient des services
qu’offre la Région bruxelloise où ils trouvent un emploi. De toutes
les capitales européennes Bruxelles est la ville la moins soutenue par
l’Etat dont elle est la vitrine sur le monde. Le refinancement de la Région
bruxelloise est vital pour son avenir.
Le
fait que les ristournes d’impôts aux régions s’effectuent sur base
du domicile et non du lieu de travail engendre pour la Région
bruxelloise une perte annuelle d’environ 400 millions d’euros. Il
serait plus équitable que ces ristournes d’impôts s’effectuent
pour moitié sur base du domicile et pour moitié sur base du lieu du
travail.
Un
bruxellois actif sur cinq, un jeune de moins de 25 ans sur trois est au
chômage. La Région bruxelloise doit avoir les moyens financiers mais
aussi institutionnels pour résorber le chômage. Une matière comme la
formation professionnelle qui dépend des Communautés devrait devenir régionale.
La Région bruxelloise ne peut aujourd’hui (contrairement à la
Flandre ou à la Wallonie) décider de par exemple subsidier moins les
investissements des entreprises et d’augmenter les dépenses de
formation professionnelle.
L’acquit
d’une Région bruxelloise gérée par et pour les bruxellois doit être
conservé. Le devenir de Bruxelles, ce n’est pas être un district géré
par l’Europe ou être une ville-région cogérée par les Wallons et
les Flamands.
Les
bruxellois ne sont pas comme les décrivait Jules Destrée « un agglomérat
de métis » qui auraient « additionné » les défauts
« des Flamands et des Wallons ».
Ce
sont des femmes et des hommes aux identités multiples et attachés dans
leur très grande majorité à leur ville-région, à leur communauté,
à leur pays.