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Article publié sous la rubrique "Carte Blanche" dans le journal "l'Echo de la Bourse" du 4 septembre 2007. 

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Bruxelles: gérée par et pour les bruxellois

Bruxelles, capitale de la Belgique et siège des institutions européennes, a tout intérêt au maintien de la Belgique. Rien ne garantit que Bruxelles conserve son rôle international si la Belgique éclatait.

Les retombées de la présence de nombreuses institutions internationales à Bruxelles ne bénéficient pas uniquement à la région bruxelloise mais aussi à la Flandre et à la Wallonie. Bruxelles est un atout pour toute la Belgique et pour tous les Belges.

Bruxelles est une Belgique en miniature. Nos deux grandes communautés nationales s’y côtoient. En tant que francophone cela ne me choque pas que la minorité flamande dispose d’une représentation parlementaire garantie au Parlement bruxellois.

Les revendications institutionnelles pour Bruxelles ne doivent pas concerner la remise en cause des droits de la minorité flamande.

Les enjeux essentiels pour Bruxelles sont les limites et le refinancement de la Région et les moyens d’agir contre un taux de chômage très élevé.

Bruxelles est aujourd’hui artificiellement limitée à 19 communes. Les limites socio-économiques de Bruxelles sont bien plus larges. Une récente étude de géographes de la KUL vient encore de le démontrer. Elle considère que la Région urbaine de Bruxelles englobe 62 communes.

Les limites socio-économiques et politiques de la Région ne correspondront jamais. Pourtant il est indispensable qu’un ensemble de compétences (certains travaux d’infrastructures, les transports, les déchets, les pompiers, …) soient gérées à un niveau plus large que les 19 communes. Une manière de rencontrer cet objectif et de créer une communauté urbaine qui pourrait fonctionner sur le modèle d’une société intercommunale à laquelle seraient affiliées les différentes communes, les trois Régions et les autorités provinciales du Brabant-wallon et du Brabant-flamand.

Les limites politiques de la Région doivent pour leur part correspondre à la volonté des populations. Ce qui signifie l’élargissement de Bruxelles aux 6 communes à facilités. La création de ces communes en 1962 fut un mauvais compromis. En ne respectant pas le statut linguistique de ces 6 communes, la Flandre ne laisse pas d’autres choix.

L’élargissement de Bruxelles de 19 à 25 communes permettrait alors d’envisager la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvorde.

Depuis la régionalisation du Fonds des communes en 1974 (réalisée à l’époque pour refinancer les communes wallonnes), Bruxelles souffre d’un sous-financement. Ses charges de Capitale nationale et internationale sont insuffisamment compensées par l’Etat fédéral. Plusieurs études universitaires ont évalué ce sous-financement à environ 350 millions d’euros.

De nombreux wallons, de nombreux flamands bénéficient des services qu’offre la Région bruxelloise où ils trouvent un emploi. De toutes les capitales européennes Bruxelles est la ville la moins soutenue par l’Etat dont elle est la vitrine sur le monde. Le refinancement de la Région bruxelloise est vital pour son avenir.

Le fait que les ristournes d’impôts aux régions s’effectuent sur base du domicile et non du lieu de travail engendre pour la Région bruxelloise une perte annuelle d’environ 400 millions d’euros. Il serait plus équitable que ces ristournes d’impôts s’effectuent pour moitié sur base du domicile et pour moitié sur base du lieu du travail.

Un bruxellois actif sur cinq, un jeune de moins de 25 ans sur trois est au chômage. La Région bruxelloise doit avoir les moyens financiers mais aussi institutionnels pour résorber le chômage. Une matière comme la formation professionnelle qui dépend des Communautés devrait devenir régionale. La Région bruxelloise ne peut aujourd’hui (contrairement à la Flandre ou à la Wallonie) décider de par exemple subsidier moins les investissements des entreprises et d’augmenter les dépenses de formation professionnelle.

L’acquit d’une Région bruxelloise gérée par et pour les bruxellois doit être conservé. Le devenir de Bruxelles, ce n’est pas être un district géré par l’Europe ou être une ville-région cogérée par les Wallons et les Flamands.

Les bruxellois ne sont pas comme les décrivait Jules Destrée « un agglomérat de métis » qui auraient « additionné » les défauts « des Flamands et des Wallons ».

Ce sont des femmes et des hommes aux identités multiples et attachés dans leur très grande majorité à leur ville-région, à leur communauté, à leur pays.

 

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