GouvernerAccueil Remonter

bullet

Gouverner

Tout Etat, toute société, toute communauté humaine a besoin d’être gouverné. Comment et par qui ? C’est le choix du régime et des institutions politiques. Notre pays a opté, et de longue date, pour la démocratie. Celle-ci est en Belgique imparfaite.

Nos différents partis politiques qui devraient être les garants et les outils de la démocratie ont très souvent un fonctionnement peu démocratique. La concentration des pouvoirs dans les mains des différents présidents de partis est telle que nous vivons plus dans un régime de dictature des présidents de parti que dans une démocratie réelle. Nos parlementaires ne sont très souvent que des presse-boutons. Les débats idéologiques deviennent de plus en plus rares et une sorte de pensée unique s’impose à tous.

Nos institutions politiques sont très complexes. Ce n’est pas la recherche de l’efficacité qui a toujours prévalu dans la répartition des compétences entre les différents niveaux de pouvoirs. Cette répartition devrait se faire selon le principe de subsidiarité prôné par les instances européennes. Ce principe veut que les compétences soient confiées aux institutions qui peuvent le mieux les exercer. Le débat sur la réforme de nos institutions ne doit pas concerner uniquement l’Etat fédéral, les Communautés et les Régions mais aussi les communes et leur rôle. Dans bien des cas le niveau de pouvoir le plus proche du citoyen qu’est la commune est le mieux à même de mettre en œuvre avec le maximum d’efficacité et de transparence les ressources collectives. La création des régions a conduit à un centralisme plus fort que celui de l’ancien Etat national.

Le débat institutionnel doit aborder la revalorisation du rôle du Parlement. Le cumul d’un mandat de parlementaire fédéral et de Bourgmestre ou d’Echevin d’une grosse entité doit-il être autorisé ? Faut-il maintenir le Sénat ? Pourquoi ne pas prévoir qu’une partie des Députés (qui remplaceraient les actuels Sénateurs élus directs) soient élus sur base d’une circonscription fédérale unique et que les autres parlementaires soient élus sur base d’un scrutin uninominal à deux tours comme en France ? Tout en maintenant une base de proportionnelle, ce mode de scrutin permettrait plus facilement de dégager des majorités. Il créerait un lien entre les électeurs et le Député de leur circonscription. Il obligerait les partis politiques à tenir compte dans leur campagne des aspirations de nos deux grandes communautés nationales.

Le débat institutionnel doit aussi être un débat intra-francophone. L’efficacité des institutions francophones ne serait-elle pas renforcée par la fusion, comme en Flandre, du Parlement de la Communauté française et du Parlement wallon et par celle du Gouvernement de la Communauté française et du Gouvernement wallon ? Certaines matières communautaires ne devraient-elles pas devenir régionales comme la formation professionnelle ? La Région bruxelloise ne peut aujourd’hui (contrairement à la Flandre ou à la Wallonie) confier à un seul organisme le placement et la formation des demandeurs d’emploi. Elle ne peut choisir par exemple de subsidier moins les investissements des entreprises et d’augmenter l’effort de formation professionnelle.

Un juridisme étroit finit aujourd’hui par paralyser l’action publique. Et c’est avec raison que l’auteur d’une récente carte blanche dans « Le Soir » assimilait le Conseil d’Etat à un ennemi de l’Etat. La démocratie est l’équilibre des pouvoirs. Le pouvoir judicaire doit être indépendant. Il ne doit pas toutefois se transformer en un pouvoir des juges. Le débat sur nos institutions c’est aussi le débat sur le rôle respectif du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire.

Lorsqu’on voyage à l’étranger, on constate que notre pays stagne et est même en déclin relatif alors que d’autres  progressent.

De bonnes institutions et une bonne gouvernance peuvent contribuer à rencontrer les défis auxquels nous sommes confrontés. Ceux-ci sont nombreux. Qu’il s’agisse de l’emploi, de la sécurité, de la politique d’immigration et d’intégration, …

Nous avons besoin d’être gouverné et que les décisions courageuses qui doivent être prises le soient. Nos gouvernants ne doivent pas se contenter de faire fonctionner nos structures administratives en bons gestionnaires. Ils doivent avoir une réflexion à long terme sur le devenir de notre pays et agir en conséquence.

Dans un contexte bien plus difficile qu’aujourd’hui, celui de l’après-guerre 40-45, des personnalités comme Achille Van Acker et sa bataille de charbon ou Camille Gutt et sa réforme monétaire ont prouvé qu’un gouvernement qui gouverne peut redresser un pays. Nous avons besoin d’un tel gouvernement et que celui-ci engage notre pays dans la voie de la réforme.

   

Marc COOLS

Echevin (MR) d’Uccle

Vice-Président Honoraire du

Parlement bruxellois

 

 

 

Accueil Qui suis-je ? Agenda Nouveau livre Revue de Presse Etre libéral au XXIe siècle Fenêtre Citoyenne Publications Dossiers Actualités Liens utiles Newsletter Uccle en bref Bruxelles Evènements